L’examen de la sculpture conduit à la caractériser comme un dessin symétrique et non directionnel, organisé autour de quatre rainures circonférentielles rectilignes. Celles-ci délimitent des rangées régulières de petits pavés rectangulaires, tandis que les éléments périphériques sont plus larges et seulement découpés par de fines entailles transversales.
La proportion de creux paraît modérée: les quatre rainures restent relativement étroites et les passages transversaux entre elles sont peu développés. Leur continuité et leur répartition sur toute la largeur utile créent néanmoins plusieurs voies directes pour évacuer l’eau longitudinalement, ce qui soutient le comportement sur chaussée mouillée. Dans une nappe profonde combinée à une forte charge latérale, le faible nombre de sorties transversales peut rendre l’évacuation périphérique moins directe, sans remettre en cause l’efficacité générale des quatre canaux.
Les petits pavés centraux comportent une densité élevée de découpes fines. Ces incisions fractionnent la rigidité locale des rangées. En roulage, elles peuvent capter le film d’eau résiduel que les rainures principales ne retirent pas complètement et multiplier les arêtes de contact. Leur faible largeur leur donne cependant peu de capacité de stockage: elles complètent les quatre sillons plutôt qu’elles ne les remplacent. Sur chaussée sèche et chaude, leur nombre augmente également la mobilité des petites portions de gomme, avec un risque d’échauffement local et de réponse moins nette lors des changements rapides de charge.
La répétition très régulière des pavés constitue un autre trait distinctif. Elle rend les sollicitations de chaque rangée fortement périodiques; à certaines vitesses, des impacts espacés presque uniformément peuvent se regrouper dans une fréquence dominante et faire apparaître un bourdonnement tonal. L’absence apparente de variation marquée du pas limite la dispersion de cette fréquence.
Aux épaules, les éléments plus larges conservent une forte proportion de gomme, tandis que leurs fines entailles offrent des voies secondaires au film d’eau. Lorsque l’empreinte est fortement chargée latéralement dans une couche d’eau importante, l’évacuation près du bord dépend davantage des quatre canaux longitudinaux que d’une expulsion directe vers l’extérieur. Cette configuration privilégie ainsi la stabilité des épaules tout en maintenant une bonne adhérence routière sur sol mouillé.
Enfin, malgré la forte densité d’entailles, le dessin reste très fermé par rapport à une sculpture hivernale à chevrons ou à blocs largement espacés. Les rangées parallèles ne créent ni grandes poches ni voies obliques capables de mobiliser puis d’éjecter rapidement la neige meuble. Le RU101 peut ainsi exploiter ses nombreuses découpes sur une surface froide ou légèrement humide, mais sa géométrie se prête moins à l’auto-nettoyage dans la neige profonde ou la neige fondue épaisse.