L’architecture du Matrac FX MU11 juxtapose deux niveaux de rigidité. Au centre, les contacts géométriques entre éléments voisins agissent comme de petites butées: ils limitent le déplacement isolé d’un pavé sans constituer pour autant une bande monolithique. Cette solution répartit les efforts entre plusieurs éléments de gomme, mais conserve davantage de mobilité longitudinale qu’une côte centrale pleine. Le conducteur peut ainsi percevoir une réponse moins sèche lors des faibles sollicitations, avec une légère phase de mise en tension de la sculpture avant que les pavés ne prennent pleinement appui les uns sur les autres.
Les bandes de gomme comprises entre les sillons principaux présentent une proportion de surface pleine assez importante. Cette masse de matière procure une bonne réserve d’usure et évite de faire reposer la charge sur des éléments centraux trop étroits. En contrepartie, les changements de direction des sillons créent des largeurs de ponts de gomme variables: les parties les plus étroites concentrent davantage les déformations et peuvent s’échauffer plus vite que les portions larges lors d’un roulage prolongé.
Les entailles fines introduisent une souplesse superficielle très différente de celle du noyau des pavés. À chaque passage dans l’empreinte, leurs lèvres se rapprochent puis se relâchent, ce qui aide la surface de la bande de roulement à filtrer les petites aspérités. Cette mobilité répétée consomme cependant de l’énergie par hystérésis. Elle peut donc contribuer à l’échauffement et à la résistance au roulement, particulièrement dans les rangées intermédiaires où les découpes sont rapprochées.
Les pavés périphériques conservent un noyau de gomme volumineux malgré leurs incisions. Sous effort latéral, ce noyau limite le basculement global du pavé, tandis que sa partie supérieure reste plus mobile autour des entailles. Il en résulte un comportement en deux temps: le corps du pavé soutient l’effort, puis ses lèvres se déforment localement. Cette différence de mobilité peut favoriser une usure concentrée au débouché des entailles si les sollicitations latérales sont fréquentes.
Enfin, la répétition d’arêtes obliques fait entrer les pavés dans l’empreinte de manière progressive plutôt que par un front transversal unique. Les chocs de contact isolés sont ainsi étalés dans le temps. Toutefois, l’orientation très régulière des éléments peut produire une composante sonore tonale à certaines vitesses si l’espacement entre motifs varie peu. La même orientation attribue aussi durablement à chaque pavé un bord d’attaque et un bord de fuite; sous des cycles répétés d’accélération et de freinage, cette dissymétrie peut marquer les arêtes en dents de scie.