Sur le WV-688, la faible densité d’incisions fines laisse les pavés relativement peu subdivisés. Cette organisation préserve des volumes de gomme solidaires: sous un effort de direction, les blocs disposent de moins de petites portions susceptibles de fléchir indépendamment qu’une sculpture très lamellisée. Elle tend donc à limiter le retard de réponse imputable à la déformation des pavés, notamment sur chaussée sèche. En contrepartie, les quelques incisions concentrent les possibilités de déformation locale: les grands pavés d’épaule peuvent moins facilement épouser de petites irrégularités qu’un bloc fractionné en nombreuses languettes.
La continuité de la bande centrale et la segmentation des rangées voisines créent une différence de souplesse entre éléments adjacents. La partie centrale peut transmettre les efforts sans succession de basculements de blocs indépendants, alors que les pavés intermédiaires et d’épaule travaillent individuellement à l’entrée puis à la sortie de l’empreinte. Lors de freinages répétés, cette différence rend les bords des pavés segmentés plus sensibles à une usure dissymétrique entre leur face d’attaque et leur face de sortie que la bande centrale.
Pour l’eau, les quatre couloirs longitudinaux offrent des cheminements circonférentiels distincts. Aux épaules, les sillons débouchants constituent des sorties latérales pour le liquide pris sous les blocs périphériques. Le drainage du centre et celui des épaules empruntent ainsi des trajets différents: cette répartition est favorable à la dispersion de l’eau, mais les encoches qui s’arrêtent dans la bande centrale ne constituent pas, à elles seules, des passages traversants vers les bords. La présence de quatre couloirs ne suffit donc pas à garantir la résistance à l’aquaplanage lorsque le volume d’eau augmente.
Enfin, l’espacement régulier des séparations entre les larges pavés d’épaule peut produire une excitation sonore répétitive lors de leur contact avec la chaussée. La bande centrale continue atténue la succession d’impacts au milieu de l’empreinte, sans supprimer celle des deux rangées périphériques: le compromis acoustique repose sur cette coexistence d’un appui central continu et d’épaules segmentées.