Lecture de la géométrie
On observe trois rainures longitudinales qui divisent la bande de roulement en quatre larges bandes circonférentielles. Ces bandes sont seulement interrompues par des découpes diagonales et quelques incisions courtes: la sculpture conserve donc des sections de gomme longues et peu articulées plutôt qu’une succession de pavés indépendants.
Le centre géométrique paraît occupé par une rainure plutôt que par une nervure pleine. Le guidage autour du point milieu repose ainsi sur les deux bandes médianes qui bordent cette rainure. Chacune possède un bord libre susceptible de fléchir légèrement: cette architecture peut adoucir les très petites corrections de volant, mais elle donne moins de verrouillage central qu’une côte pleine placée exactement dans l’axe.
La faible densité d’incisions laisse peu de possibilités de mouvement relatif au sein des bandes. Elle réduit le foisonnement de petites arêtes et la capacité de la sculpture à épouser les micro-aspérités d’un revêtement froid, givré ou meuble. En contrepartie, les bandes risquent moins de vibrer comme une multitude de petits éléments indépendants.
Les découpes obliques ne rencontrent pas la chaussée d’un seul coup comme le feraient des sillons strictement transversaux. Leur entrée progressive dans l’empreinte peut étaler les impulsions acoustiques. La répétition de longues bandes longitudinales reste toutefois susceptible de produire un bourdonnement sur les revêtements rainurés ou très réguliers.
Enfin, les épaules arrondies sont entaillées sans être entièrement morcelées. Cette forme rend progressive la migration de l’empreinte vers le bord du pneu lorsque l’angle de dérive augmente. Les encoches constituent néanmoins des lignes de flexion locales: sur une chaussée très granuleuse, leurs lèvres peuvent générer de petites vibrations supplémentaires.